Pour mieux connaître la commune, découvrez la petite histoire de ces lieux indissociables de l’histoire de la ville.
La colline d'Ecorneboeuf
Le passé de cette colline est riche. Sur ce site, occupé depuis la préhistoire, les archéologues ont découvert nombre de haches polies, pointes de flèches, pierres taillées. La colline a toujours été habitée.
A l’époque du bronze il y avait même un village important, probablement un des premiers du Périgord. A l’âge du fer, les Celtes s’installèrent jusqu’au premier siècle avant notre ère puis décidèrent de partir en face, à La Curade, sans que l’on en connaisse la raison.
Au Moyen-Age, les pentes étaient cultivées. Au sommet se trouvait ce que l’on appelle les fourches patibulaires, autrement dit les potences sur lesquelles étaient exhibés, après jugement et exécution sur les places de Périgueux, les cadavres des condamnés. Ce sinistre spectacle, que l’on voyait du Puy Saint-Front ou de la Cité, avait un but dissuasif envers tout délinquant potentiel, amplifié par le vol permanent des corbeaux qui tournaient jusqu’à ce que les corps putréfiés tombent.
Le groupe folklorique Colomniérois “Les Croquants d’Escornabiou” tient bien évidemment son nom de la colline d’Ecorneboeuf.
Source : Jean-Claude Carrère, “Chamiers, Histoire et histoires” aux Éditions Fanlac, 1988
Au château de Castel-Fadèze
Impasse du Castel, près du Pont de la Cité, se trouve le château de Ca stel-Fadèze, propriété privée où l’on trouve le siège de la Société départementale de carrières. C’est dans ce corps de logis à étage flanqué de pavillons, que le Comte Louis Philippe «Joseph» de Roffignac décéda accidentellement le 29 août 1846 à 7 heures du matin à l’âge de 72 ans. Une chute dans un escalier avec son fauteuil roulant déclencha le pistolet qu’il portait sur lui. Atteint d’une décharge en pleine tête, il fut tué sur le coup.
De la Nouvelle-Orléans…
Cet officier, né à Angoulême en 1775, connut un riche parcours militaire dans divers pays au fil des évènements de l’Histoire avant d’émigrer en Amérique. Le 14 mai 1820, Joseph de Roffignac fut élu maire de La Nouvelle Orléans. Durant huit ans, il restaura les finances de la cité en baissant les salaires des élus et des employés (!), il fut à l’origine de l’arrosage puis du pavage des rues et de la plantation massive d’arbres. Aujourd’hui encore, on trouve à La Nouvelle Orléans une« de Roffignac street ».
… à Coulounieix
L’un de ses petits-enfants, Gaston de Roffignac, né le 17 février 1847 à Paris, fut le septième maire de Coulounieix du 17 mai 1893 au 7 septembre 1902. Homme petit, trapu, affable et populaire, il jouissait d’une réputation de bonté. Il profitait de ses connaissances dans le chemin de fer pour placer des gens au PO (compagnie du Paris-Orléans, l’une des ancêtres de la SNCF). Il était affligé d’un tic nerveux qui lui faisait échapper à tout moment un espèce de grognement ou aboiement. En 1899, le nom de Gaston de Roffignac fut gravé sur la cloche, fondue par Emile Vauthier de Saint-Emilion, avant qu’elle ne soit hissée dans le clocher de l’église du bourg. Il vécut à Castel-Fadèze jusqu’à son décès à Périgueux le 8 décembre 1910.
Le 13 août 2009, l’espace vert à l’angle de l’avenue Jean Jaurès et de l’impasse Fournier–Sarlovèze, a été dédié à ces deux personnages de l’histoire locale, à la veille de l’ouverture du festival Musique Nouvelle Orléans à Périgueux, en présence du président de MNOP.
Au Sault du Chevalier... en 1898
Tout le monde connaît le lieu-dit « Sault du Chevalier» à la limite entre Coulounieix-Chamiers et Marsac, là où l’on trouve le refuge de la S.P.A. Moins nombreux sont ceux qui savent qu’à cet endroit, le 2 mai 1898, eut lieu le premier accident mortel lors d’une course automobile en France.
Le Vélo Club Périgourdin avait pourtant bien fait les choses pour cette première course automobile qui rassembla 35 concurrents, devant effectuer une boucle de 145 km au départ de Périgueux et passant par Mussidan, Bergerac et Le Bugue.
Une descente…
La veille déjà, les véhicules étaient exposés à la Nouvelle halle de Périgueux avant un défilé conduit par le Comte de Fayolle, organisateur de la compétition. Dès 7 heures, en ce matin du 2 mai 1898, les concurrents déjeunèrent au Café de Paris avant de s’aligner sur la ligne de départ à la gare de marchandises. Dans un vacarme assourdissant, les véhicules franchirent la rivière, grimpèrent la côte du plateau des Izards et traversèrent Chamiers, qui n’existait pas à l’époque, avant de s’élancer dans la légère descente qui mène au Sault-du-Chevalier.
… fatale
Le marquis de Montignac, au volant de sa Berbereau-Bergeon de 6 chevaux atteignant les 40 kms/h, piaffait d’impatience derrière monsieur de Montoriol qui se «traînait» dans sa voiturette Maison parisienne à 28 à l’heure. Le marquis voulut serrer la main de son ami au passage. Une manœuvre hasardeuse qui l’obligea à passer trop près, les roues arrières de son véhicule heurtant les roues directrices de monsieur de Montoriol. Celui-ci se retrouva expulsé de la route avant de retomber en un saut périlleux.
Au bruit de la collision, le marquis se retourna. Un geste fatal puisque sa voiture, franchissant un talus, retomba sur lui-même et son mécanicien. Ramené à son hôtel les membres brisés, il devait décéder dans la matinée… et rentrer dans les annales avec ce premier accident de course automobile en France.
Source : Jean-Claude Carrère, “Chamiers, Histoire et histoires” aux Éditions Fanlac, 1988
Dans le Tacot de la Rampinsolle
Le seul vestige rappelant le «tacot de la Rampinsolle», comme on le nommait, est l’ancienne gare de Coulounieix, devenue aujourd’hui maison d’habitation comme le montre notre photo. A partir de 1889, et durant soixante ans, ce premier tronçon de voie ferrée départementale, créée par la Société Anonyme des Chemins de Fer du Périgord, permettait de prendre le tramway, appellation d’époque, à 6 heures du matin place Francheville.
Direction Vergt où l’on arrivait à 7h25 après 24 km de voyage. Entre-temps, les stations défilaient, à commencer par l’octroi de Saint-Georges puis, tout en haut de la route de Bergerac, dite «côte de la Rampinsolle», où l’on parvenait à la gare de Coulounieix à 6h24.
Sacrée grimpette
Après une halte, le circuit se poursuivait par Gareloup, La Garélie et Charbonniéras avant de quitter le territoire communal par le Pont du Cerf.
Ce n’était pas une mince affaire pour le Tacot de faire une telle ascension. Pour grimper le coteau d’Ecorneboeuf, il était souvent demandé aux messieurs de descendre du train et de pousser pour soulager la machine qui peinait.
Mais la récompense suivait. En effet, parvenu au sommet, on pouvait alors rapidement profiter de la vue sur Périgueux et ses monuments avec les coteaux environnants en toile de fond.
Trains de plaisir
C’est justement le charme du lieu qui incita la compagnie ferroviaire à proposer deux trains «de plaisir» tous les dimanches en début d’après-midi pour la modique somme aller-retour de 0,50 franc. Les «de la ville» passaient ainsi de l’altitude 86 à l’altitude 200, sans trop d’efforts, si ce n’est ceux du pauvre Tacot qui s’essoufflait.
Si au XIXe siècle les grandes lignes ferroviaires desservirent les régions, les lignes départementales comme celle-ci désenclavèrent les hameaux de Dordogne. La navette ferroviaire dont on parle de nos jours pour desservir l’agglomération sera t’elle une résurrection du Tacot ?
Source : Jean-Claude Carrère, “Chamiers, Histoire et histoires” aux Éditions Fanlac, 1988
L'espace Jacqueline-Auriol (ancien hippodrome et aérodrome)
Depuis le 13 février 2006, la cité HLM de Chamiers se nomme espace d’habitat Jacqueline-Auriol. Pourquoi donner le nom de cette célèbre aviatrice et pilote d’essais des années 50 et 60 ?
Parce que le terrain actuellement occupé par les immeubles fut auparavant un hippodrome et un aérodrome.
De l’hippodrome…
Tout débuta les 29, 30 et 31 août 1875 lorsque l’hippodrome de Périgueux, récemment transféré sur le quartier de Chamiers, accueillit ses premières courses. Le premier jour, on compta peu de concurrents, au point qu’une des épreuves fut disputée par un seul cheval !
Le lendemain, celle réservée aux cultivateurs, remporta un vif succès, tout comme le 31 août où 14 officiers s’affrontèrent sur les haies.
Le décret du 19 août 1887 autorisa le pari mutuel simple… ce qui n’empêcha pas les paris sous le manteau.
C’est ainsi que Chamiers vécut sa période hippique jusqu’en 1913 (dont la venue du grand cirque de Buffalo Bill le 21 septembre 1905) puis de 1921 à la Seconde guerre mondiale.
… à l’aérodrome
Si l’on observe la vue aérienne du quartier actuel, on peut remarquer sa forme.
Serait-ce celle de la piste de l’hippodrome de l’époque ? Pure spéculation !
Quoi qu’il en soit, du 21 au 23 avril 1911, se déroula au même endroit le premier meeting aérien de Dordogne. Trois hangars furent spécialement construits. Devant des milliers de spectateurs, quatre pilotes se produisirent, dont une femme, Marthe Niel.
Le public ne fut pas tendre avec Mr Mallard qui arriva en retard… avant de planter son avion sur un pylône électrique dont les organisateurs avaient, au préalable, fait couper le courant !
La grande guerre mit fin aux meetings. Ils reprirent ensuite de plus belle jusqu’en 1934, date à laquelle le Ministre de l’Air choisit Bassillac pour site du nouvel aéroport.
Source : Jean-Claude Carrère, “Chamiers, Histoire et histoires” aux Éditions Fanlac, 1988
Campniac
Sur les bords de l’Isle, en limite de notre commune, plus de 6000 ans d’histoire se cachent à Campniac, de l’âge de la pierre polie à nos jours.
Du néolithique…
La grotte que l’on y découvre a servi de tombeau durant plus de mille ans. Deux modes de sépulture ont été employés, l’inhumation et la crémation.
A proximité, on trouve ce que l’on appelle improprement La Maladrerie, autrement dit un lieu de soins pour les lépreux. Une hypothèse peu réaliste car au XIIe siècle, ces malades étaient plutôt rejetés. Il n’était donc pas question de les accueillir dans un tel confort.
Plus sûrement, cette bâtisse (propriété privée) aux cheminées si caractéristiques étaient en réalité l’hôpital Charroux, du nom de son fondateur qui le fit construire entre 1130 et 1138. Ceux dont on s’occupait ici n’étaient pas forcément des malades. Au Moyen-âge, l’hôpital n’avait pas la stricte fonction qu’on lui connaît aujourd’hui.
C’était aussi un hospice, un lieu d’accueil, qui recevait probablement les infirmes et les mendiants que la ville refoulait.
… à la Félibrée
A l’autre extrémité de la route bordant la rivière, le bac qui, à une autre époque, vous faisait changer de rive pour quelques pièces de monnaie. Depuis 2004, il revit à la belle saison et ne coûte que votre effort.
C’est probablement par ce moyen que certains périgourdins franchirent l’Isle les 20 et 21 mai 1907 pour la Félibrée. Il faisait très beau.
Au point que la taulade (le repas) des 160 inscrits dut être partagée par plus de 400 personnes attablées sur la route actuelle avant le spectacle en occitan de la Cour d’amour.
Source : Jean-Claude Carrère, “Chamiers, Histoire et histoires” aux Éditions Fanlac, 1988
Au bac de Campniac
Le bac de Campniac, qui reliait, par la rue de Campniac, le quartier de Vésone situé sur Périgueux avec Chamiers, sur la rive gauche de l’Isle, fait partie de la mémoire collective des plus anciens.
Au XVe siècle, le premier bac était une grande barque maintenue par un filin tendu de part et d’autre de la rivière, permettant de transporter des personnes et des animaux.
Une sortie très courue
Pour le prendre, il fallait s’acquitter d’un droit de passage au seigneur de Barrière. Cela lui rapportait annuellement 19 livres, monnaie de l’époque, et une paire de chapons.
En septembre 1873, un bar fut officiellement mis à disposition des promeneurs qui voulaient faire une promenade. Très vite, une guinguette s’installa, une buvette suivit et ce fut une sortie très prisée, à la mode qui dura jusqu’à la Seconde guerre mondiale.
On a du mal, aujourd’hui, à imaginer les centaines de personnes se rendant à Campniac pour danser, s’amuser, déjeuner. Il y avait des bals et des pièces de théâtre.
La Sainte-Estelle
Un nouveau bac fut établi en 1903. En 1907, s’est tenue la “Sainte-Estelle”, autrement dit la félibrée des félibrées. Sur la route actuelle étaient dressées des tables du banquet, “la taulado” et un peu plus haut, à droite du virage, se jouait la cour d’amour, spectacle hautement folklorique, chants et danses du Périgord se succédant.
Le retour du bac en 2003
Dès sa fondation en 1854, le Félibrige se plaça sous le patronage de cette sainte dont le nom signifie étoile, ce qui amena les félibres à prendre pour symbole une étoile à sept branches. En 1942, la société de natation y construisit un pont flottant pour l’entraînement des nageurs. Au début des années 60, le bac fut supprimé.
Michel Dasseux, maire de la commune à l’époque, se fit un point d’honneur à le rétablir en 2003.
L'hermitage du pont de la Cité
Aujourd’hui, vous traversez le pont de la Cité. Avant sa construction achevée en 1833, se dressait plus en amont un autre édifice qui en fit voir de toutes les couleurs à la municipalité de Périgueux pour son entretien et sa rénovation, y compris lorsqu’une crue emporta trois de ses neuf arches en mars 1783.
D’où son nom de pont Cassé dont le bord de rivière fut au début du XXe siècle le «Chamiers-Plage» de l’époque.
La chapelle
C’est à l’actuelle avenue Franklin Roosevelt qu’on trouvait au bout de ce pont un ermitage. L’ermite qui vivait là avait probablement pour tâche, comme celui du Toulon, de «porter aide et assistance aux voyageurs en détresse à une époque où la circulation sur les chemins et la traversée des rivières présentaient les plus grands dangers» expliquait Charles Durand en 1916 dans le bulletin de la SHAP (Société Historique et Archéologique du Périgord).
D’autres obligations étaient imposées aux ermites comme se promener dans les rues à la pointe du jour chaque lundi matin pour crier : «éveille-toi peuple qui dors, réveille-toi et pense à la mort». Charmant réveil-matin, non ?
Le bâtiment qui subsiste aujourd’hui (propriété privée) est sans doute celui qui servit de chapelle à l’ermitage.
La niche que l’on voit au-dessus de la porte d’entrée contenait probablement la statue d’un saint. La route qui monte le long du bâtiment à droite était l’ancienne route de Bordeaux.
Des lépreux persécutés
Une bien triste histoire s’y déroula le Jeudi-Saint de l’an 1320. Des lépreux furent arrêtés et internés en différents endroits de la ville de Périgueux, dont à l’ermitage du pont de la Cité.
Après enquête et avis du roi, interrogatoire et désinfection par enfumage furent au programme. Non sans les avoir fait boire pour « soutenir leur force» !
Ceux qui échappèrent à l’asphyxie furent ensuite à nouveau interrogés avant d’être brûlés vifs pour les hommes et emmurées vivantes pour les femmes ! Une méthode aussi injuste et radicale que barbare.
Source : Jean-Claude Carrère, “Chamiers, Histoire et histoires” aux Éditions Fanlac, 1988
Le centre de loisirs Jean-Sigalas
Dans le bulletin municipal de 1970, Gabriel Dardailler, qui a remplacé le maire Edouard Therme décédé, expliquait que les enfants de Coulounieix-Chamiers étaient admis dans les centres aérés (appellation de l’époque) de Périgueux (La Daudie et Borie-Brue), mais seulement en fonction des places disponibles.
La municipalité décidait donc de réaliser son propre centre qui a ouvert à l’été 1970, la gestion étant confiée à l’AOL de Périgueux.
Des améliorations
Dès 1971, le nouveau maire Jean Sigalas et son équipe améliorent les équipements pour que “Les Crouchaux deviennent un centre aéré digne de ce nom”. En effet, on ne comptait à l’époque que le bâtiment central, deux salles de jeux et les sanitaires. Une pataugeoire est construite, les terrains et bois sont débroussaillés, une piscine en plastique est installée.
C’est à cette époque qu’était organisée chaque année avec des bénévoles une “journée cailloux” pour ratisser et tenter d’enlever les innombrables silex qui jonchaient le sol du centre et passer une journée champêtre conviviale. Cela fait plus de 40 ans que débutaient en 1971 les améliorations constantes apportées au centre de loisirs par Jean Sigalas.
Décédé le 23 janvier 2011, la municipalité a donné son nom au centre le 28 mai de la même année.
Ouverture permanente
En 1976, la fréquentation moyenne journalière était de 87. Un an plus tard, on comptait 117 enfants en moyenne soit 45% d’augmentation. En 1978, la plaine des jeux au bas du centre est ensemencée. Un an plus tard, un centre de loisirs pour les 3 à 6 ans est ouvert dans les locaux de l’école maternelle Louis-Pergaud et la piscine est construite aux Crouchaux.
En 1981, le bâtiment polyvalent est réalisé, le chauffage central installé afin de permettre l’ouverture du centre les mercredis et pendant les petites vacances. Un terrain de sport et des sanitaires sont créés dans la plaine.
En juillet 1988, on totalisait 177 enfants sur l’ensemble des 2 centres. Deux ans plus tard, les enfants d’âge maternel sont accueillis aux Crouchaux dans le bâtiment polyvalent, des chalets en bois étant érigés pour ceux du primaire. Le grand chalet, à usage de salle polyvalente, sera réalisé en 1993.
Le collège Jean-Moulin
Au camp américain
C’est à la rentrée de 1964 que tout commence avec l’ouverture de deux classes de sixième au camp américain.
En mars 1965, la réalisation du collège est décidé par l’État qui désigne les établissements Bender pour le construire. Le 11 octobre, une centaine d’élèves de 6e et 5e investissent les locaux puis un an plus tard les 4e, au moment où le collège, annexe de Claveille, devient autonome.
Au fil du temps, d’installations de classes préfabriquées en construction de blocs supplémentaires, les nouveaux locaux sont prêts à la rentrée de 1970 et accueillent 630 élèves.
Sinistre souvenir
En 1973, on comptait en France 1061 collèges du type Bender, ave c des murs dits «sandwichs», non recouverts d’enduits anti-feu. Le 6 février, le collège Pailleron, dans le 19e arrondissement de Paris, bâti sur le même principe, brûlera, faisant 20 victimes dont 16 enfants. Dès lors, à Chamiers comme ailleurs, on ne cessera chaque année de mettre les locaux en conformité.
Le 24 juin 1981, le collège porte officiellement le nom de Jean-Moulin. En 1985, on parle déjà de reconstruire l’établissement à cause de « sa mauvaise qualité de vie intérieure». En 1990, il est inscrit dans le Livre blanc des collèges du Conseil général.
La reconstruction
En décembre 1991, la démolition du collège débute par étapes. Le 3 mars 1992, Kofi Yamgnane, secrétaire d’État à l’intégration, pose la première pierre. Six mois plus tard, la première tranche est finie. En septembre 1993, le collège et le gymnase sont entièrement terminés et inaugurés le 4 décembre.
Source : Martine Sautet, service des archives municipales
24 maires depuis la Révolution
Texte d’une ordonnance du Roi Louis XVIII en date du 11 février 1824 signée du ministre de l’Intérieur Jacques Corbière : «1er, les communes de La Cité et de Coulounieix, département de la Dordogne, sont réunies en une seule dont le chef-lieu est fixé à Coulounieix ; les registres en papier des deux mairies y seront rassemblés».
Le 17 décembre 1958, un décret, signé d’Emile Pelletier, ministre de l’Intérieur, lie Coulounieix et Chamiers qui «portera désormais le nom de Coulounieix-Chamiers».
Depuis la révolution de 1789, 25 maires se sont succédés à Coulounieix-Chamiers. En voici la liste et les mandats.
- 1790 à septembre 1796 : Vincent Faure de Gardonne
- Septembre 1796 à 1816 : Gérôme Gadaud
- 1816 au 1er juin 1819 : Jean-François Gadaud
- 1er juin 1819 au 20 août 1837 : Jean Lavaud de Lalaurencie
- 20 août 1937 au 9 septembre 1860 : Guillaume Lalaurencie
- 9 septembre 1860 au 3 octobre 1865 : Alphonse Jay de Beaufort
- 3 octobre 1865 au 26 février 1869 : Mr de Chasselout Laubat
- 26 février 1869 au 20 janvier 1878 : Mr Martineau (dit Marty)
- 20 janvier 1878 au 15 mai 1892 : Guillaume Baylet
- 15 mai 1892 au 17 mai 1893 : Antoine Reynal
- 17 mai 1893 au 7 septembre 1902 : Gaston de Roffignac
- 7 septembre 1902 au 15 mai 1904 : Marc Lamy-Lapeyriere
- 15 mai 1904 au 19 septembre 1909 : Charles Flotta
- 19 septembre 1909 au 10 décembre 1919 : Albert Dubost
- 10 décembre 1919 au 30 décembre 1932 : Roger Rousseau
- 30 décembre 1932 au 22 octobre 1944 : Léo Laroche
- 22 octobre 1944 au 2 août 1962 : Léopold Marois
- 2 août 1962 au 21 mars 1965 : Marcel Dalesme
- 21 mars 1965 au 12 avril 1970 : Edouard Therme
- 12 avril 1970 au 26 mars 1971 : Gabriel Dardailler
- 26 mars 1971 au 5 juin 1987 : Jean Sigalas
- 5 juin 1987 au 24 mars 1989 : Camille Daboir
- 24 mars 1989 au 16 mars 2008 : Michel Dasseux
- 16 mars 2008 au 3 juillet 2020 : Jean-Pierre Roussarie
- Depuis le 3 juillet 2020 : Thierry Cipierre
Le restaurant d'enfants
C’est le 6 mars 1972 qu’ouvrait le restaurant d’enfants Eugène-Le-Roy, inauguré le 3 juin de la même année. Cette réalisation était la première de la nouvelle municipalité, élue l’année d’avant, qui précisait dans le bulletin municipal de l’époque les nécessités qui présidaient à cette création : “mères de famille de plus en plus nombreuses à travailler, évolution des modes de vie, caractère éducatif du restaurant d’enfants, moment de communication et d’épanouissement, apprentissage des règles de vie, repas adaptés, personnel dévoué”. Tous ces arguments ne sont-ils pas identiques de nos jours ?
L’Apgos
Dès le départ, la prévision d’effectif fut dépassée avec 370 enfants. Très vite, un deuxième service se révéla indispensable, ainsi que l’agrandissement des locaux qui fut réalisé en 1973.
Pour gérer cette structure, une association fut créée : l’APGOS (Association populaire de gestion des œuvres sociales de la commune). Au fil des années, elle élargira largement son champ d’activités, en gérant le centre de loisirs des Crouchaux (actuel centre Jean-Sigalas) et le service d’aides-ménagères.
40 ans d’existence
Seuls les enfants du groupe scolaire Eugène-Le-Roy mangeaient dans ces nouveaux locaux. Ceux de l’école Louis Pergaud avaient leur propre local, dans l’un des deux réfectoires actuels du restaurant du bourg, la gestion étant confiée à l’Amicale Laïque de Coulounieix. Là aussi, les effectifs étaient en constante augmentation avec 150 enfants en 1977.
Heureux hasard, la nouvelle cuisine centrale agrandie et réaménagée a ouvert ses portes en 2012, exactement l’année des 40 ans de l’ouverture du restaurant d’enfants Eugène-Le-Roy. L’occasion de penser à tous ceux qui y ont travaillé et aux milliers d’enfants qui y ont mangé. Tous ont encore en mémoire des souvenirs de cantine, comme on disait à l’époque, aussi forts qu’émouvants.
Aux trois bornes des évêques
Vers la fin du XVe siècle, après un interminable procès de cent-dix ans, dit-on, trois pierres furent dressées sur notre commune dans le but de matérialiser les limites de deux juridictions : l’une épiscopale et l’autre municipale. D’où la présence du blason de l’évêque gravé d’un côté et des armes de Périgueux de l’autre.
La pierre qui soigne
C’est sur la pierre de Saint-Augûtre que l’on voit le mieux ces deux gravures. Elle était posée à la limite de Coulounieix-Chamiers et de Marsac, à peu près à l’endroit du cimetière actuel de la ville de Périgueux, précisément nommé Saint-Augûtre. Depuis 1961, on peut la contempler à l’entrée du musée d’art et d’archéologie (MAAP) du Périgord à Périgueux.
Sur l’une des faces, on découvre les armoiries de la ville les plus anciennement connues, un château avec donjon et deux tours. De l’autre côté, une gravure correspondrait au blason de Pierre Tison, évêque de Périgueux de 1349 à 1384 ou, plus certainement, de Gabriel du Mas, autre évêque pétrocorien décédé en 1497. La légende dit qu’on y amenait les enfants malades pour qu’ils retrouvent la santé. On les déshabillait, pour un meilleur contact avec la pierre et on abandonnait sur place les vêtements pour témoigner.
La pierre de table
C’est sur les hauteurs de Coulounieix, au lieu-dit Peyrelade (pierre levée), que l’on trouve aujourd’hui encore la pierre Panlère (écrite aussi Panler). Là, au point de jonction exact des communes de Coulounieix, Razac, Marsac et Coursac, la borne est posée au-dessus du fossé. L’usure du temps ne permet plus de voir grand-chose de ses gravures qui devaient probablement être identiques à celles de la pierre de Saint-Augûtre. Une tradition raconte que chaque année, les curés des quatre communes se rendaient en procession à la pierre Panlère. La cérémonie terminée, une table était dressée au-dessus, de telle sorte que les curés de chaque paroisse participaient à un repas confraternel, chacun étant dûment placé sur son territoire.
La pierre du ruisseau
Enfin, la troisième borne de juridiction fut retrouvée vers 1986 dans le lit du ruisseau Le Cerf, à l’emplacement actuel de la zone de Cré@vallée. Elle a été remise en état puis placée sous la protection des enfants de l’ancienne école Jules Verne, devenue depuis le centre social Saint-Exupéry. Qui sait, peut-être découvrira-t-on un jour une quatrième borne ?
Source : Jean-Claude Carrère, “Chamiers Histoire et histoires”, aux éditions Fanlac (1988) et bulletin municipal de 1986.
Au château des Izards
L’histoire du château des Izards remonte au XVIIIe siècle. En 1775, la carte de Lallier, son auteur, recense ce que l’on nomme les repaires nobles de la commune tels que Beaufort, Montgaillard, La Rampinsolle, Chevrier et deux maisons nobles, celles de Chamiers et des Izards.
Un bien saisi
L’illustration qui la symbolise montre un corps de bâtiment flanqué de deux tours au lieu-dit Gizars. Le 26 Messidor an II, qui correspondrait environ au 14 juillet 1794, la propriété est vendue comme bien national. Elle appartenait au chanoine Mancy qui, n’ayant pas prêté serment à la constitution civile du clergé, avait été arrêté et emprisonné.
D’après l’acte officiel, ces biens, estimés à 14000 livres, consistaient en «une maison, une métairie exploitée par une paire de bœufs et un pré bordant la rivière de l’Isle». La tour et le perron côté rivière ont été rajoutés bien plus tard.
Des changements
C’est le 22 février 1988 que le conseil municipal, dirigé par Camille Daboir, vote l’achat du château et de son parc de plus de 4 hectares pour en faire la nouvelle mairie, l’actuel hôtel de ville devant devenir la future maison des associations.
Finalement, le 18 mai 1989, après l’élection de Michel Dasseux, le conseil municipal donne son accord, par 20 voix contre 9, pour la démarche inverse, à savoir conserver la mairie et transformer le château des Izards en maison des associations et de la culture, y compris l’ancienne écurie devenue salle de danse. A l’ouverture en 1990, les étages du château accueillaient six associations, le rez-de-chaussée étant réservé aux expositions.
Un parc primé
Le parc du château a été primé par la fondation de France, la fondation Nicolas Hulot et le jury du concours de l’école des forêts. Situé en bordure de l’Isle et en contrebas du château, il comprend une partie enherbée, un espace de jeux pour les enfants, un arboretum, une bambouseraie, un jardin de plantes aquatiques, des tables de pique-nique et un ponton de pêche, le tout parcouru par un sentier.
Sources : Jean-Claude Carrère, “Chamiers Histoire et histoires”, éditions Fanlac (1988) et bulletins municipaux.
Duel au domaine de Beauroire
Il est 19h30 ce 20 août 1850. Auguste Dupont, propriétaire et réda cteur du journal L’écho de Vésone s’effondre, touché d’une balle en plein front. Le dernier duel à Chamiers vient de faire son ultime victime.
Le projectile a été tiré par Jean-Baptiste Chavoix, médecin d’Excideuil et maire, révoqué sous trois gouvernements, élu en 1848 représentant du peuple aux assemblées Constituante et Législative de la deuxième République.
Anciens amis
Le drame se déroule au domaine de Beauroire dans la boucle de l’Isle, là où se trouvait une villa gallo-romaine rasée dans les années 50 lors de l’implantation du camp américain au bas-Chamiers.
Pourtant, en 1842, quand Jean-Baptiste Chavoix menait campagne électorale, il était soutenu par L’écho de Vésone et son propriétaire. Huit ans plus tard, rien ne va plus entre les deux hommes, Chavoix étant devenu commissaire du gouvernement provisoire.
Une dette de sangsue
Le 16 juillet 1850, le quotidien périgourdin passe à l’offensive à propos d’une dette de sangsue soi-disant non payée au pharmacien Chavoix, père de l’élu, ce que nie l’accusé pour lequel L’écho de Vésone prend fait et cause. Résultat : procès et expropriation, aussitôt montés en épingle par le journal. D’allusions en diffamations, l’affaire ne pouvait se terminer que dans un pré, les armes à la main.
Prison et élections
Après le duel, Chavoix sera arrêté et incarcéré à la Conciergerie à Paris, les témoins étant emprisonnés dans les gendarmeries du secteur. Quelques mois plus tard, tout le monde sera libéré, Chavoix s’exilant en Espagne pour un temps.
Il paiera à la famille Dupont de lourds dommages et intérêts. Plus tard, à la chute de l’Empire, il sera à nouveau élu maire d’Excideuil et participera à l’action patriotique avec Gambetta. Réélu député, il sera le seul de Dordogne à voter le 16 juin 1881, peu avant son décès, la loi Jules Ferry sur la gratuité de l’enseignement.
Sources : Jean-Claude Carrère, “Chamiers Histoire et histoires”, éditions Fanlac (1988) et bulletin municipal 1989.
Sur le clocher de l'église Notre-Dame de Chamiers
L’histoire de l’église Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Chamiers, construite en 1965, serait à raconter, ne serait-ce que pour son architecture résolument contemporaine. Mais dans l’immédiat, intéressons-nous à celle des trois cloches et de son clocher.
Le clocher de Chamiers
Pendant une trentaine d’années, l’église ne disposait pour tout signe religieux que d’une maigre croix placée à l’extrémité d’un fût en acier galvanisé. Quant au son des cloches, il provenait d’une cassette diffusée par des hauts-parleurs extérieurs, répétant la même sonorité quelle que soit la cérémonie.
En 1995, la municipalité décide d’édifier un vrai clocher pour accueillir un an plus tard les trois cloches qui vont l’orner et qui ont fait un sacré voyage.
L’église d’Aïn Beïda
L’histoire débute en Algérie en 1933 à Aïn Beïda (en français, la source blanche), petite ville à une centaine de kilomètres de Constantine, sur les hauts plateaux vers la frontière Tunisienne.
En octobre de cette même année, les trois cloches de l’église de ce gros bourg de 7650 habitants, sont baptisées par Monseigneur Thiénard, alors évêque de Constantine, l’abbé Rigal, curé d’Aïn Beïda et le maire de la commune Pierre Willigens.
La plus grosse cloche et la plus ancienne (1867) pèse 450 kg et se nomme Marie-Victorine. La moyenne (200 kg), s’appelle Jean-Marie-Suzanne-Victorine. La plus petite (120 kg) portera les prénoms Jean-Pierre-Marie-Claude.
En 1962, lors de l’indépendance de l’Algérie, le père Pincos, qui exerçait dans la région de Constantine avec le père De Sulauze, retourne en France pour être nommé curé à Trélissac. Il informe le père De Sulauze qu’une église doit être édifiée à Coulounieix-Chamiers.
30 ans d’attente
Celui-ci prend alors l’initiative de faire démonter les cloches de plusieurs paroisses, dont les trois d’Aïn Beïda, afin de les rapatrier en France. Ce qui fut fait en 1964.
Entreposées chez un entrepreneur du bâtiment, elles vont sommeiller jusqu’au 23 juin 1996, date à laquelle leur installation sur le clocher tout neuf de l’église de Chamiers est organisée lors d’une journée festive.
Le sanctuaire et les thermes
Au printemps 1886, Monsieur Sautet, propriétaire d’une usine au bas -Chamiers, dans la boucle de l’Isle, décide de planter des arbres sur cet espace dénudé. C’est en creusant que les ouvriers découvrent des murs.
Prévenu, Mr Sautet contacte Mr Hardy, de la SHAP (Société Historique et Archéologique du Périgord) qui reconnaît des vestiges gallo-romains.
Dégradations
Les fouilles, menées par Charles Durand et financées par le propriétaire, débutent. Deux hémicycles sont mis à jour puis des thermes ainsi que d’autres parties de bâtiment. Au fil du temps, des objets sont retrouvés comme cette figurine en bronze représentant le dieu Mercure.
Malgré le soin et la vigilance de Mr Sautet, le site est dégradé petit à petit par des habitants bâtissant de petites constructions et extrayant du sable, sans oublier les enfants qui se servant des thermes comme d’un terrain de jeu.
En 1941, des ouvriers de la SNCF découvrent une plaque de calcaire dédicacée à l’empereur Tibère.
Destruction
Le coup de grâce est apporté par les américains dans les années cinquante qui détruisent le site en aménageant un camp avec une voie ferrée passant sur les restes des thermes.
Ainsi disparut ce que l’on nomme encore aujourd’hui la villa de Chamiers qui aurait été, paraît-il, aussi jolie que celle de l’actuel musée Vesunna.
Nouvelle interprétation
En 1999, deux chercheurs, Alain Bouet et Catherine Casponsin-Martin, expliquent dans la revue Aquitania (Université Bordeaux III) que la villa était en fait «sanctuaire (un temple) rural des Pétrocores avec peut-être une petite agglomération autour et deux édifices thermaux» précise l’archéologue périgourdin Christian Chevillot.
Celui-ci a mené l’an passé des fouilles sur la colline d’Ecorneboeuf.
Merci à Christian Chevillot, archéologue ADRAHP pour son aide, Elisabeth Pénisson, directrice de Vesunna pour l’autorisation des 2 photos et Jean-Claude Carrère.
Quand le roi passa à Chamiers
Le 10 janvier 1530, Périgueux fêtait l’arrivée d’Henri d’Albret, roi de Navarre, donc g rand-père d’Henri IV, comte du Périgord, accompagné de son épouse Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier.
Des canons
Discours et festivités se succédèrent avec des pièces d’artillerie qui tonnèrent sur la tour Mataguerre à chaque sortie du prince, son lever, son coucher, mais aussi à chaque début et fin de repas !
Le lendemain, le Roi se vit offrir un superbe rubis avant de repartir le 12 janvier en direction de Bordeaux, une étape étant prévue au château de Montanceix.
Une surprise
C’est alors que le Maire et les consuls de Périgueux eurent l’idée d’une surprise. Prenant quelques heures d’avance, ils l’attendirent au Sault du Chevalier, à la limite de notre commune, avec officiers, marchands, mais aussi jeunes enfants habillés de soies, sans oublier enseignes, trompettes et tambourins.
Ils firent aussi transporter une partie de l’artillerie, dont les fameux canons qui allaient déclencher la suite des évènements.
Au pied d’un arbre, on installa une fontaine crachant par deux tuyaux un vin naturel au milieu des tentes et pavillons dressés pour l’occasion.
Alerte !
Tout ce petit monde alla se cacher dans le bois au-dessus de la route. Un guetteur prévenant le groupe, les canons tonnèrent pour honorer le Roi.
Aussitôt, la troupe qui l’entourait s’apprêta à entrer en action, de crainte d’une attaque, avant que gens de pieds, élus et bourgeois de la ville ne se montrent.
Après un grand silence, le maire de Périgueux prononça un pompeux discours, le prince répondant par un autre tout aussi ampoulé, comme c’était la mode à l’époque.
Remerciements
C’est ainsi que le Roi rassura le maire sur la qualité de son accueil.
Après les rafraîchissements prévus, Son Altesse faisant preuve de sobriété, trompettes et salves donnèrent le signal du départ, Henri d’Albret remercia et salua ses hôtes une dernière fois avant de reprendre son chemin vers Montanceix. C’est ainsi qu’un Roi passa à Chamiers… qui n’était à l’époque, rappelons-le, qu’une campagne à l’écart de Périgueux.
D’après le récit de Jean-Claude Carrère dans son livre «Chamiers – histoire et histoires», éditions Fanlac, 1988.
Le château de Beaufort
Plusieurs châteaux et repaires nobles ornent notre commune, dont le château de Beaufort, édifié au XVe siècle, sous Pierre Jay de Beaufort et Marguerite Durand de La Rolphie. Il comportait six tours et fut démantelé à plusieurs reprises.
Berceau d’une famille périgourdine
La famille donna une longue lignée de militaires, d’édiles et de magistrats, dont sept maires à la ville de Périgueux de 1543 à 1869. Un Jay de Beaufort fut maire de Coulounieix en 1861. D’autres membres de la famille devinrent vicaires généraux, archidiacres ou religieuses.
A la Révolution
En 1783, une violente crue emporta une partie du pont de la Cité, que l’on appellera plus tard «pont cassé». La mairie de Périgueux mit en place deux bacs pour rétablir le passage du Grand Chemin Royal de Bordeaux. Mr de Beaufort tenta de concurrencer ce service. Le procès qui s’ensuivit l’obligea à retirer son bateau.
A la Révolution, Jacques Jay de Beaufort, plus important seigneur de la paroisse, avait émigré en Angleterre avec sa famille. Tous ses biens étaient devenus propriété de la nation.
Un humanitaire dont un lycée porte le nom
Né à Londres en 1809, Henri-Michel Jay de Beaufort, vivait à Paris mais s’intéress ait beaucoup au Périgord. Lettré, musicien et philanthrope, il créa de nombreuses inventions au service des handicapés et créa plusieurs associations humanitaires et sociales.
Mort à Paris le 22 novembre 1892 à 83 ans, il donna à la municipalité de Périgueux sa propriété de Barrière pour y établir un asile de vieillards devant porter le nom de Jay de Beaufort, ce qui fut aussi le cas d’une rue de Périgueux en 1913 pour le remercier. Cet établissement fut rasé à la fin des années 1980. L’emplacement a été utilisé pour édifier le lycée actuel qui porte son nom. Propriété privée, le château ne se visite pas.
Photo du château avec l’aimable autorisation de Monsieur Vincent d’Anselme (tous droits réservés).
Article d’après le récit de Jean-Claude Carrère dans son livre «Chamiers Histoire et histoires», éditions Fanlac, 1988.
A l'oppidum de la Curade
Sur les hauteurs de Coulounieix, à proximité du lotissement de La Curade, il reste quelques traces de l’oppidum du même nom.
Le sommet de ce côteau fut occupé au début du premier siècle par les Gaulois, un village ouvert, construit sur 35 hectares. En quelque sorte, c’est la «Pétrocore» pour reprendre l’expression de l’archéologue Christian Chevillot. D’où d’ailleurs vient le nom de Périgourdin, les Pétrocores étant une des nombreuses tribus gauloises du pays.
Travaux et fouilles
Ce n’est que bien plus tard, au moment de la guerre des Gaules, que le rempart sera érigé. Ce talus défensif, toujours visible en partie, est disposé en arc-de-cercle, du côté où le plateau semblait le plus vulnérable. On ne s’est probablement jamais battu sur ces fortifications.
En 1971, la construction du lotissement de La Curade provoque une première fouille avec de nombreux objets sauvés qu’on peut voir en partie au musée de Périgueux. D’autres trouvailles seront impitoyablement écrasés par les engins mécaniques, en particulier un an plus tard pour élargir le chemin communal. Malgré tout, d’autres fouilles de sauvetage seront organisées en 1975 et 1976.
On y a trouvé des informations capitales et un mobilier abondant, ainsi que des amphores, des fragments de bracelets en verre et de moules, des fibules en bronze, une pointe de javeline, des céramiques.
Les Pétrocores vivaient ici de l’agriculture et de l’élevage avec une forte consommation de viande domestique mais aussi des cervidés et des sangliers. Les métallurgistes étaient devenus des experts dans la fabrication des armes et des outils en fer, ainsi que des monnaies et des bijoux en bronze. Les potiers travaillaient au tour, les meules à bras écrasaient les grains.
Vers la romanisation
A noter que des échanges commerciaux ont été prouvés avec la trouvaille de monnaies provenant d’autres tribus et des amphores méditerranéennes, signe d’une romanisation à venir.
Une fois vidées, car les Gaulois aimaient le vin, les amphores étaient réutilisées comme vase à provisions.
Bref, on mangeait bien et on buvait bien à La Curade au premier siècle jusqu’en quarante ou trente avant Jésus-Christ. Mais petit à petit, les Gaulois sont descendus dans la plaine.
Peu à peu, l’influence romaine va s’appesantir. Nous assisterons alors à l’éclosion de Vesuna Petrocorium, le Périgueux d’aujourd’hui. Mais comme le conclut Jean-Claude Carrère, «en fait, le camp est bien gaulois, César n’est jamais venu et les Romains n’ont jamais été écrasés par des Obélix locaux».
Article d’après le récit de Jean-Claude Carrère dans son livre «Chamiers Histoire et histoires», éditions Fanlac, 1988.
Au stade de Pareau
L’histoire du football à Coulounieix-Chamiers pourrait faire l’objet d’un livre épais. Au début, trois clubs existaient sur la commune : celui de l’amicale laïque de Coulounieix, l’Espérance sportive et enfin l’association sportive Chamiéroise.
En 1977, à la demande du Maire de l’époque, Jean Sigalas, ces trois clubs fusionnent pour créer l’actuel COCC, club omnisport de Coulounieix-Chamiers.
Premier coup de pioche
Même si le terrain de Pareau fut acheté en 1968, la réalisation du stade actuel fut longue. Au départ, l’actuel terrain d’entraînement était le terrain d’honneur, le nouveau étant en cours de construction. En 1973, premier coup de pioche à Pareau pour les terrassements généraux. En 1975, drainage, busage et clôture sont au programme pour les réseaux principaux. Un an plus tard, aménagement du terrain annexe.
1977 fut une grande année car le terrain était une cuvette. Il fallut transporter 2400 m3 de terre végétale !
Club-house et vestiaires
Le club-house et les tribunes ont toujours existé sur le stade actuel. Entre 1979 et 1981, c’est la construction de vestiaires confortables et du logement de fonction qui est réalisée. En 1982, une salle de réunion surgit. Elle fut plus tard baptisée du nom de Georges Caleix, adjoint au Maire de l’époque, très impliqué dans la vie sportive.
Inauguré en 1986
Dans le même temps, trois courts de tennis et un bloc sanitaire sont bâtis. Depuis, le club s’est agrandi, tant en courts de plein-air que couverts. Il faudrait trop de place pour tout raconter mais terminons avec cette date du 13 novembre 1986, jour de l’inauguration du stade par le Maire de l’époque, Jean Sigalas.
Aux ateliers SNCF
L’appellation «SNCF de Chamiers» est impropre puisqu’ils portent dorénavant le nom de UO (Unité opérationnelle) Infrarail de Chamiers du technicentre industriel Charentes Périgord (TICP).
Divisé en trois sites, Périgueux, dans le quartier du Toulon, Saintes et l’UO de Chamiers, le TICP est un établissement SNCF ayant en charge la maintenance du matériel ferroviaire roulant et la confection des appareils de voies pour l’infrastructure, spécialité de l’UO de Chamiers.
Quatre certifications
Situé au 43 avenue de Lattre de Tassigny, l’UO de Chamiers couvre une superficie de seize hectares de terrains et un hectare de bâtiments couverts. Il est chargé de la confection d’appareils de voie (aiguillages), l’entaillage de bois, l’assistance au montage sur toute la France, la soudure aluminothermie et une activité de mécanique générale.
Ses principaux clients sont les établissements SNCF qui prennent en charge l’installation des appareils d e voie. À noter que le site de Chamiers détient une quadruple certification pour la qualité, la sécurité, l’environnement et l’excellence industrielle.
Investissements et embauches
L’UO de Chamiers est rattachée depuis le 1er juillet 2015 à «Réseau», suite à la loi du 4 août 2014 sur la réforme ferroviaire. Cette année, avec la mise en place du plan d’investissement Vigirail, concernant le remplacement d’appareils de voies du réseau ferré (hors TGV), la charge de production de Chamiers reste similaire à 2014 qui était déjà élevée.
À ce titre, afin de répondre à cette charge, deux agents supplémentaires ont été embauchés en 2014 et quatre en janvier dernier. Au total, cela représente un effectif de soixante-quatorze agents.
Un peu d’histoire
L’histoire de la SNCF dans l’agglomération est longue. Rappelons simplement qu’elle a commencé à Périgueux en 1857. Dès 1928, les ateliers de Chamiers sont opérationnels, sous l’égide des ateliers du Toulon. À partir d’octobre de cette année-là, quelques centaines de wagons de marchandises sortent équipés des ateliers de Chamiers.
Un grand merci pour les informations et photos à Hélène Dekoninck, responsable communication.